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Travel Planet, la fintech du voyage d’affaires

Réalisé par FABRICE LUNDY ET MAUD AIGRAIN

Photos LIONEL GUERICOLAS

L’entreprise a révolutionné le voyage d’affaires et ambitionne d’en devenir l’un des cinq géants mondiaux grâce à la technologie qu’elle a développée.

BETTY SEROUSSI et TRISTAN DESSAIN-GELINET :  présidente et directeur général de Travel Planet.

Travel Planet à Sophia Antipolis est ce qu’on appelle une travel management company (TMC), une plateforme qui gère les voyages d’affaires de A à Z. Pas uniquement la vente de billets de trains ou d’avions comme le faisaient manuellement les géants historiques tels American Express et Carlson Wagonlit Travel, depuis de grands plateaux de services.
Non, dans le cas de la PME azuréenne qui gère 5 000 déplacements chaque jour, « toutes les réservations sont automatisées et faites par les clients sur le portail qui traite aussi la facturation, le reporting et les ordres de mission», explique Betty Seroussi, sa présidente.

Du voyage d’affaires sur mesure

Le secret: son propre outil informatique développé par une équipe R&D internalisée – le gros des 80 collaborateurs – offrant un service sur mesure. La politique voyage de chaque entreprise cliente est rentrée : les process de validation, les interdictions en termes de voyage. « Et gare à ceux qui joueraient avec leur note de frais pour contourner les règles car le système les détecte. Ce qui n’est pas toujours facile avec l’œil humain quand certaines boîtes en ont des centaines de milliers chaque année ! », déclare l’autre cofondateur, Tristan Dessain-Gelinet.

La force de la plateforme c’est d’être nourrie d’informations en temps réel. Un volcan qui se réveille, une tempête… la responsabilité pénale de l’employeur peut être engagée. « On travaille avec des spécialistes afin de pouvoir réagir vite et prévenir nos clients », précise Tristan Dessain-Gelinet.

Cette automatisation confère à Travel Planet à la fois compétitivité et rentabilité, et réduit d’un tiers la facture de ses 120 clients. Une limite quand même à l’IA : « L’humain reste là pour gérer les situations d’urgence et l’atypique comme un accueil VIP à l’aéroport, ou l’achat d’un billet de train au fin fond de l’Asie », ajoute Betty Seroussi.

S’affranchir des opérateurs historiques

« Betty Voyages » ! Le début de l’aventure en 1995 pour celle qui employée dans une agence lance sa propre affaire, rue de Belleville à Paris. À l’époque, il n’est question que de voyages d’agrément, que le 11 septembre 2001 viendra secouer. Quelques mois plus tard, un représentant de l’équipe de campagne des Verts, Noël Mamère, pour l’élection présidentielle pousse la porte pour acheter 47 abonnements SNCF! L’idée de se tourner vers le voyage d’affaires germe, surtout après la rencontre avec Tristan Dessain-Gelinet venu du monde de l’audit. Les crises s’accumulant – subprimes, volcan islandais, printemps arabes – l’abandon du loisir est entériné en 2014. « On a construit les ailes de l’avion pendant qu’on décollait », s’amuse encore Tristan Dessain-Gelinet qui pendant deux années a conçu toute l’architecture de la plateforme. « Le coup de génie, rappellent les deux fondateurs, c’est d’avoir lancé notre propre tech, là où l’ensemble des professionnels depuis trente ans sous-traitait à Amadeus Global Distribution System. » Un système onéreux vis-à-vis duquel les grandes compagnies s’affranchissent les unes après les autres pour proposer une partie significative de leur offre en direct, telles American Airlines en avril dernier, suivant Emirates, Qatar, Delta, Lufthansa et British Airways.

La croissance sera fulgurante. Travel Planet passe en quatre ans de 7 millions d’euros de chiffre d’affaires à 85 millions d’euros ! Les effectifs sont quadruplés à Lille avant le déménagement près de Nice. Une partie s’installe à Londres depuis l’obtention du contrat EDF Energy au Royaume-Uni, en 2019. L’entreprise dispose dans son catalogue d’environ 600 compagnies aériennes dont la moitié de low-cost et d’une cinquantaine de compagnies ferroviaires. Elle est la seule à proposer 100 % de l’offre Ouigo et, comble du raffinement, depuis l’an dernier, fournit sa plateforme en marque blanche à la SNCF. En route vers les 120 millions d’euros de ventes en 2023.

Fini le tourisme de masse

Les déplacements professionnels – une trentaine de milliards d’euros et des millions de voyages chaque jour en France – changent de visage. Plus de ferroviaire, moins d’allers-retours dans une journée et des zones géographiques toujours à la peine – la Chine après le Covid, la Russie à cause de la guerre. Betty qui a longtemps vendu du loisir conclut: « Le tourisme en général sera moins mass market et plus individualisé, au moins en apparence. »

« Travel Planet a révolutionné le voyage d’affaires
en développant sa propre plateforme digitale tout-en-un. »

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