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Que résume le QI ?

Réalisé par Sophy Caulier

Le quotient intellectuel (QI) est apparu au début du XXe siècle. Il avait alors une fonction très précise : dépister un éventuel retard cognitif chez les enfants scolarisés. Un peu d’histoire ! Au XIXe, l’instruction se développe, mais l’école n’est ni gratuite ni obligatoire. De fait, les filles et les enfants des familles pauvres la fréquentent peu. Les choses changent, lorsqu’en 1881, Jules Ferry fait voter une loi qui rend l’instruction primaire gratuite, laïque et obligatoire. Il devenait nécessaire d’évaluer les capacités des enfants afin d’identifier ceux qui étaient en difficulté et de leur apporter des solutions adaptées. Si l’intelligence est impossible à définir précisément, vouloir la mesurer relève d’une véritable gageure. Rien d’étonnant donc à ce que le QI ait fait l’objet de nombreuses controverses au fil du temps.

QI, sujet à controverses

Tout a commencé par un test dont les résultats étaient positionnés sur une échelle métrique de l’intelligence, dite de Binet-Simon, du nom de ses auteurs. Les valeurs obtenues par l’élève détermi- naient son âge mental. Puis William Stern, psychologue allemand, compara les valeurs obtenues par un enfant à celles d’un groupe du même âge. Il calcula ainsi le quotient intellectuel (QI), qui était de 100 si les données de l’enfant étaient comparables à celles de son groupe d’âge. Si ses résultats le positionnaient dans un groupe plus âgé, son QI était supérieur à 100, ou inférieur s’ils étaient comparables à ceux d’un groupe plus jeune. Ce mode de calcul ne fonctionne qu’avec les enfants. Des tests adaptés aux adultes ont progressivement été élaborés, le plus réputé est le Wechsler Adult Intelligence Scale (WAIS).

Le QI a rapidement été critiqué pour ne concerner qu’une seule forme d’intelligence alors qu’il faudrait parler d’intelligences multiples, d’habiletés cognitives, d’aptitudes, etc. Aujourd’hui, un consensus se fait autour d’un QI global,composé du QI verbal, faisant appel aux connaissances acquises, au maniement du langage et des chiffres, ce qui de fait serait lié à l’éducation et à la culture, et du QI de performance, la capacité à raisonner, à élaborer une stratégie, qui ne nécessiterait aucune connaissance préalable. Ce QI global serait composé de facteurs ou d’indices, autant de nuances qui permettent d’appréhender l’intelligence quels que soient les individus, leurs origines ethniques, leur genre ou leur niveau d’éducation. De nombreuses études ont tenté d’instrumentaliser le QI afin de prouver l’infériorité intellectuelle d’individus atteints d’alcoolisme, par exemple, ou la supériorité d’un groupe racial sur un autre, et d’en attribuer la cause à la génétique.

Le QI modulé par l’environnement

Une meilleure connaissance du fonctionnement du cerveau amène les chercheurs à poser des questions nouvelles. Par exemple, quel serait le QI d’un collectif comparé au QI des individus qui le composent ? La réponse dépend de la diversité des profils, de leurs formations, de leurs qualités d’écoute et d’interaction, etc. Il semble que l’intelligence collective produise des résultats positifs. Reste aux entreprises, aux écoles et aux institutions publiques à mener l’expérience pour valider cette conclusion !

© GoldenDayz

Une certitude, l’environnement socio-culturel, l’alimentation, l’amélioration des soins, le développement des connaissances et de l’éducation ont favorisé la progression du QI à l’échelle mondiale, surtout dans la deuxième moitié du XXe siècle. Cette progression, accompagnée de la disponibilité de questionnaires en ligne et de la multiplication de séries télévisées ou de films sur les hauts potentiels et les surdoués, multiplie les demandes d’évaluations depuis les années 2000. Cela dit, un test ne sert qu’à établir une valeur, il ne constitue en rien un diagnostic, tout comme avoir de la fièvre ne dit pas de quelle maladie on souffre. Praticiens et psychologues insistent sur la nécessité d’interpréter les résultats d’une mesure de QI. Ainsi, il peut être utile d’évaluer un enfant en difficultés scolaires ou un adulte en souffrance qui souhaite seréorienter professionnellement, pour pouvoir les aider. Toutefois, un score inférieur à celui escompté risque de provoquer de la déception ou de masquer d’autres causes à un malaise attribué à une trop grande intelligence. Car un QI élevé n’est pas synonyme de bien-être. Beaucoup d’enfants surdoués souffrent de décalage pendant leur scolarité, par exemple.

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ECO KEYS #10

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