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MENGUY’S, LE ROI DE L’APÉRO CACAHUÈTE EN FRANCE

Réalisé par Fabrice Lundy

Photos Lionel Guéricolas

L’entreprise occitane, connue pour ses noix de cajou, pistaches, olives, pop-corns se lance un pari audacieux.

Guillaume Lamy :  DG de Menguy's

C’est un nom très attaché à Mazamet dans le Tarn. Menguy’s y est née, même si son siège social est à Saint-Jean au nord de Toulouse. À l’origine : Jacky Cormouls, héritier d’une dynastie locale depuis plus de deux siècles, disparu l’an dernier à 90 ans. Guillaume Lamy, son directeur général, se souvient : « En 1987, la famille Cormouls-Houlès a créé notre belle entreprise française, en s’inspirant de la torréfaction du grain de café pour griller ses premières cacahuètes. Menguy’s apporte la “French touch” à l’apéritif et au petit-déjeuner ! » Dans son catalogue : noix de cajou, pistaches, olives, popcorns, amandes et bien sûr cacahuètes dont Menguy’s est aujourd’hui le leader en France, et la seule du secteur 100 % française. La clé de son succès, c’est une logique de filières et des produits soigneusement choisis dans le monde entier : Espagne, Grèce, Argentine, Côte d’Ivoire, États-Unis. « Nous sélectionnons les matières premières, en direct avec des producteurs qui nous permettent d’assurer la meilleure qualité organoleptique et nutritionnelle, insiste Guillaume Lamy. Nous nous rendons tous les ans sur place pour rencontrer nos partenaires et nous assurer du maintien de la qualité des produits et des process. » L’idée aussi est d’être solidaires des producteurs : par exemple pour la noix de cajou, Menguy’s forme, à Madagascar, les agriculteurs à la culture des anacardiers. En contrepartie, l’entreprise occitane achète leur production. Les noix de cajou sont décortiquées sur place ; cela évite un transport intermédiaire vers l’Asie, et réduit l’empreinte carbone. Pour le popcorn, c’est du 100 % français et sans OGM, venu du Sud-Ouest connu pour son ensoleillement et ses sols fertiles.

Objectif : des cacahuètes « Made in France »

Et tant qu’à faire du français, pourquoi ne pas lancer une production tricolore de cacahuètes ? Jusqu’ici importées d’Argentine ou des États‑Unis, les premières arachides ont été récoltées, en France, en octobre 2025, sur une dizaine d’hectares en Poitou‑Charentes – via des adhérents de la coopérative Océalia à laquelle est rattachée Menguy’s – avant d’être décortiquées, transformées à Mazamet et mises en rayon ce printemps.

Le DG de Menguy’s est très fier de ce projet mûri depuis longtemps : « Nous avons mené les premiers tests, il y a plus de vingt ans, dans les Landes, avec notre partenaire de longue date : la Ferme Darri­gade. » C’est la seule ferme française qui produit des cacahuètes – 40 tonnes chaque année. « Nous avons lancé une nouvelle campagne d’essais depuis cinq ans, ce qui nous a permis de confirmer son potentiel dans nos régions. »

Pari réussi donc. Avec une centaine d’agriculteurs partenaires, l’entreprise vise en 2030 les 2 000 tonnes produites, soit 1/10e de ce qu’elle vend chaque année. Et, fidèle à sa tradition, « la démarche filière s’accompagne d’un dispositif contractuel avec les agriculteurs afin de leur assurer une juste rémunération et un accompagnement technique. »

« Nous avons mené les premiers tests, il y a plus de vingt ans, dans les Landes, avec notre partenaire […]: la Ferme Darri­ gade. »

La cacahuète, une production écologique

Relancer une telle filière repose sur deux piliers : assurer des débouchés commerciaux, et aussi répondre aux défis techniques de l’adaptation de la culture aux conditions pédoclimatiques françaises. Guillaume Lamy se veut rassurant. « Techniquement, les conditions de réussite nécessitent notamment une météo douce, et pas trop d’humidité, particulièrement au moment de la récolte, car les cacahuètes doivent dans un premier temps être arrachées du sol et retournées afin de sécher au champ avant récolte. »

Au-delà du goût, l’argument agronomique pèse aussi dans la balance. La cacahuète est une légumineuse qui fixe naturellement l’azote dans le sol grâce à ses nodosités racinaires, une sorte de microréservoir. Intégrée dans les rotations culturales, elle contribue à la fertilité et à la biodiversité des parcelles, tout en apportant une diversification rémunératrice aux exploitants. Pour le consommateur, c’est l’assurance d’un produit, source de protéines végétales, avec une origine locale. Donc peu gourmand en transport venu des Amériques. Pistache, amande et donc cacahuète… Pourquoi la France découvre-t-elle ces produits en voulant les produire ? Le DG de Menguy’s en est convaincu : « Il y a depuis quelques années une volonté des consommateurs d’acheter des produits locaux, et les évolutions variétales et technologiques nous permettent désormais d’envisager de (re)lancer ces cultures en France.»

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ECO KEYS #10

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