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MÉDECINE PERSONNALISÉE

Réalisé par ÉTIENNE THIERRY-AYMÉ

MÉDECINE SUR MESURE, TRAITEMENT PERSONNALISÉ : LA PRISE EN CHARGE S’INDIVIDUALISE. UNE APPROCHE QUI S’ÉTEND AUJOURD’HUI À D’AUTRES PATHOLOGIES QUE LE CANCER.

Plutôt que de prescrire la même solution à tous, la médecine de précision propose le traitement « le plus adapté à chaque patient », souligne le LEEM, le syn­dicat des entreprises du médi­cament. Sur le Campus Santé Rouen Normandie, à l’Institut de médecine de précision, l’INMP, le profes­seur Pierre Michel, rappelle qu’il s’agit d’un mouvement lent et continu… « Il n’y a pas un avant et un après. Si je prends le cancer du côlon par exemple, là où il y a quinze ans, nous appliquions le même traitement à tous, aujourd’hui nous affinons de plus en plus les chimiothérapies », souligne le membre du comité de pilotage de l’INMP. En dehors du cancer, d’autres pathologies bénéficient de « cette médecine de pointe, poursuit le LEEM. Un laboratoire a ainsi fabriqué un nouveau type d’anticholestérol, qui contient un anticorps permettant d’inhiber l’activité d’un gène dont on a découvert qu’il était le plus souvent inactif chez les individus ayant un taux de cholestérol bas. »

L’hépato­gastro­entérologue, Pierre Michel, l’assure : « Plus ça ira, et plus nous prendrons en compte les caractéristiques de chaque patient et son environnement. » Il s’en réjouit d’avance : « C’est très enthousiasmant de se dire qu’on va pouvoir anticiper les problèmes de santé, ou, quand les gens sont malades, de pouvoir mieux les traiter, de manière plus individualisée, moins invasive. »

De l’intérêt, pour y parvenir, de « décloisonner la médecine » et de travailler notamment avec des ingénieurs, des ma­thématiciens, des spécialistes de l’IA… Pierre Michel donne ainsi pour exemple, « assez emblématique », selon lui, le pre­mier projet labellisé par l’INMP, ARteMis dans lequel « les bactériologistes ont eu l’idée de s’intéresser à la flore vaginale pour anticiper la détection des accouchements prématurés et améliorer leur prise en charge », en associant ces données, dans les modèles mathématiques, aux facteurs de risques déjà connus, et à l’en­vironnement de ces femmes.

Médecine individualisée pour les femmes, toujours, à Paris, dans le XVIIIe arrondissement : chez Gynea, Vic­toire Mulliez, la fondatrice et directrice générale de ce réseau de centres médicaux spécialisés, propose une prise en charge globale des femmes, de l’adolescence au grand âge. Elle insiste sur « une vraie réflexion sur la manière d’adapter le cadre de la consultation aux femmes ». Elle pointe aujourd’hui un « vrai momentum » autour de la santé des femmes dans un contexte où plus de la moitié des médecins sont désormais des femmes. On parle aussi de plus en plus ouvertement des questions d’endométriose, de la ménopause, des risques cardiovasculaires chez la femme, des parcours liés à la PMA, etc. Avec également l’avènement de toute une palette d’initiatives et d’applications lancées par les femmes elles mêmes touchées par ces sujets.

Victoire Mulliez souligne ainsi le rôle toujours plus important « des patientes expertes, qui font bouger les lignes ». Elle loue également l’avènement de centres experts, comme à l’hôpital Saint-Joseph à Paris, qui proposent une prise en charge globale autour de la ménopause et de la périménopause « C’est très nouveau », assure-t-elle.

Chez Abbott France, spécialiste des dispositifs de diagnostic médical (prothèses cardiaques, pompes à insuline, automates de laboratoire, etc.), son président, Philippe Emery, souligne, lui, l’apport de ces technologies en matière de personnalisation de l’accompagnement. Chaque dispositif est ainsi capable de capter des données, de les interpréter, de les partager afin de mieux guider médecin ou patient. Un cardiologue peut par exemple suivre les anomalies à distance sur le pacemaker de ses patients, un biologiste se voir proposer des tests complémentaires à la suite de premières analyses. Diabète de type 1, le patient peut, lui, gérer sa pompe à insuline ; diabète de type 2, visualiser où en est son taux de glucose, et ainsi éviter, en l’absence de symptômes, les complications les plus graves. Des informations qui peuvent même être interfacées avec « Mon espace santé ». Finalement, le principal frein à cette médecine de précision reste « le numérique, lui-même », assure Philippe Emery. Certains patients, comme certains médecins, sont en effet toujours réfractaires à son adoption, ainsi qu’au partage de leurs données de santé, « alors que, en France, nous sommes dans un environnement hyper sécurisé et réglementé », conclut le président d’Abbott France.

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ECO KEYS #11

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