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Maud Fontenoy, l’océan, l’avenir de la planète

Propos recueillis par ÉTIENNE THIERRY-AYMÉ

Maud Fontenoy a passé plus de temps sur les mers que sur la terre ferme, signant de nombreux exploits : traversée de l’Atlantique Nord et du Pacifique à la rame, en solitaire et sans assistance, tour du monde à contre-courant, à la voile et sans assistance.

MAUD FONTENOY :  NAVIGATRICE

Étienne Thierry-Aymé : Vous dites qu’il faut changer de regard sur les océans pour réussir la transition écologique. Les océans seraient, selon vous, « un trésor de solutions ». Qu’entendez-vous par là ?

Maud Fontenoy : Oui. Je pense qu’il faut vraiment qu’on soit capable aujourd’hui de changer notre manière de voir. L’environnement, ce n’est pas que du « vert ». Pas que la forêt amazonienne, même si c’est très important. Quand Thomas Pesquet, par exemple, regarde la Terre et la prend en photo depuis la station orbitale, que voit-il ? D’abord du « bleu ». Une petite bille bleue, perdue dans l’immensité de l’espace. Les trois quarts de notre planète sont constitués d’eau. Mais c’est comme si aujourd’hui l’humanité l’avait oublié. Alors que la vie est née, il y a près de 4 milliards d’années, dans la profondeur des océans. Sans les océans, nous n’aurions pas de passé. Et, sans eux, nous risquons de nous priver d’avenir. C’est d’ailleurs le combat de ma vie que de sensibiliser, de faire mieux comprendre le milieu marin pour amener chacun d’entre nous à percevoir le fait que sauver les océans, c’est aussi sauver l’humanité. À titre individuel, j’invite aussi chacun d’entre nous à réfléchir à son propre impact environnemental. Il faut bien comprendre que ça nous concerne toutes et tous au quotidien.
Quel que soit l’endroit où nous habitons sur la Terre, en bord de mer ou très loin des océans. Un seul exemple: nous mangerions aujourd’hui 5 grammes de plastique par individu et par semaine, l’équivalent d’une Carte Bleue. Quand vous avez 10 millions de tonnes de déchets plastiques rejetés chaque année à la mer, eh bien, ces déchets forcément, à un moment donné, reviennent dans votre assiette comme un boomerang. Et, c’est donc presque par égoïsme qu’il nous faut, chacun à notre place, préserver l’environnement et les océans.

« L’humanité doit puiser dans les océans les solutions indispensables à sa survie. »

E. T.-A. : C’est pourquoi vous dites aussi que « l’Homme doit retourner à la mer », pour y trouver les solutions pour son avenir

M. F. : Oui. J’aime souvent faire la comparaison entre l’Homme et le dauphin. À un moment donné de son évolution, le dauphin a lui aussi été un animal terrestre, on le voit notamment à ses phalanges. Mais il a dû rejoindre la mer pour assurer sa survie. À l’image de ce que doit aujourd’hui réaliser l’humanité pour y puiser les solutions indispensables pour son avenir.

M. F. : Bien sûr, il y a tout un volet de préservation de cette « grande machinerie » que sont les océans, et qui permet la vie
sur Terre. Il faut par exemple que nous soyons capables, au niveau mondial, de travailler à une meilleure régulation de la pêche et des espèces, à une meilleure gestion des stocks de poissons, grâce notamment aux aires marines protégées. Actuellement 60 % de la haute mer est par exemple sans juridiction. Il faut aussi que nous soyons capables d’éviter les pillages, l’exploitation désordonnée, l’acidification…
Autant de grands enjeux sur lesquels la France doit assurer un leadership. Mais les océans sont aussi et surtout « un trésor de solutions » fascinantes pour notre avenir. Avec un potentiel incroyable.

E. T.-A. : Les océans seraient donc une chance, selon vous, pour l’humanité ?

M. F. : Absolument. Je pense vraiment qu’ils peuvent résoudre l’ensemble des problématiques auxquelles l’humanité va être confrontée. Et je peux vous assurer que si on parle d’environnement comme ça, on révèle les consciences et on pousse beaucoup plus à l’action les individus.

E. T.-A. : Et pourquoi alors les océans sont-ils si importants ?

M. F. : D’abord pour l’ensemble des services qu’ils nous rendent. Gratuitement. Et qu’on ne pourrait pas s’offrir sans eux : la moitié de l’oxygène que l’on respire provient par exemple des océans. Ils assurent également la régulation du climat. C’est aussi la marmite de l’humanité. On estime ainsi qu’un tiers de la population mondiale ne mangerait pas de protéines s’il n’y avait pas les océans. Et près de 300 millions de personnes boivent aujourd’hui de l’eau douce grâce à la désalinisation de l’eau de mer… Bref, les océans sont la clé de voûte de la vie sur Terre et la solution aux grands enjeux que nous rencontrons aujourd’hui.

E. T.-A. : Et, concrètement, quelles sont les solutions qu’ils vont pouvoir nous apporter ?

M. F. : Il y en a tellement… Je les détaille d’ailleurs dans mon livre, La Mer au secours de la Terre. Que ce soient les équipements du futur, les plastiques de demain, l’architecture, les matériaux d’avenir, les énergies d’avenir, l’aquaculture… Il faut garder ça bien en tête : les océans, c’est 4 milliards d’années de recherche et développement (R&D). Notamment dans les secteurs de la santé et des médicaments. Une véritable trousse à pharmacie du futur. On s’inspire, par exemple, aujourd’hui de la peau des requins pour empêcher l’adhérence des bactéries dans nos hôpitaux; du ver arénicole qui procure une hémoglobine 40fois plus oxygénante que l’hémoglobine humaine.
L’anémone de mer est de son côté étudiée pour les solutions qu’elle offre pour lutter contre le diabète et l’obésité; le cône magicien, un petit escargot marin venimeux, a, lui, permis en 2004 de fabriquer le ziconotide, un antidouleur mille fois plus puissant que la morphine. La plume de mer nous a, elle, offert une molécule désormais utilisée dans les crèmes cicatrisantes. C’est enfin au hareng que nous devons la trithérapie (AZT) aujourd’hui utilisée pour lutter contre le sida… Et des scientifiques ont récemment réussi à reproduire en laboratoire une molécule présente chez l’éponge de mer qui pourrait bien inspirer la recherche contre le cancer. En tout, on estime que plus de 22000 molécules marines sont aujourd’hui à l’étude.

E. T.-A. : Pourtant, les fonds marins sont encore méconnus…

M. F. : Oui. Et ça peut sembler paradoxal.
Contre-intuitif. Mais nous connaissons mieux aujourd’hui la surface de la Lune que la profondeur du « grand bleu » qui caractérise pourtant notre planète et représente 70 % de sa surface. Seules 230 000 espèces marines sont ainsi référencées sur 2 à 3 millions présumées.
Si on comparait l’Océan à une gigantesque bibliothèque, chaque espèce représenterait, à elle seule, une étagère remplie de connaissances et de potentielles solutions pour l’humanité. Or, de cette bibliothèque, nous n’avons encore exploré que quelques rayonnages. C’est une nouvelle frontière qu’il nous faut absolument explorer. Et il appartient donc à toutes et tous de ne pas brûler le reste de cette bibliothèque avant de l’avoir découvert et étudié. On risque sinon de détruire des solutions formidables avant même de les connaître, et qu’elles aient pu porter leurs fruits.

E. T.-A. : C’est cette vision que vous défendez…

M. F. : Oui, c’est le message que je porte depuis presque vingt ans, et qui fort heureusement est de plus en plus audible aujourd’hui auprès du grand public, des entreprises comme des pouvoirs publics.
Il consiste à dire qu’il faut d’abord bien comprendre, bien connaître le rôle des océans. C’est-à-dire apporter de la connaissance, « maritimiser » les consciences. Ce que j’entreprends notamment auprès des scolaires avec l’Éducation nationale, avec en particulier la relance des classes en zones d’éducation prioritaire. Car, quand connaît, on apprend à aimer, et quand on aime, on protège.

Mon souhait étant qu’on parle de plus en plus des océans, que ça soit un sujet qui devienne majeur dans la société française. Ensuite, nous pourrons alors montrer comment ils sont indispensables à l’Homme, comment on peut s’en inspirer, et comment ils peuvent nous apporter des solutions concrètes tant d’un point de vue scientifique qu’économique.

E. T.-A. : Quid justement de leur poids économique ?

M. F. : Il est phénoménal. Pour que vous compreniez bien, je vous donne ce seul chiffre : si les océans étaient une puissance économique, ce serait aujourd’hui la septième puissance mondiale, juste derrière la France et l’Angleterre. Les dernières études qui ont été lancées estiment ainsi que le milieu marin nous rendrait chaque année environ 24 000milliards de dollars de services écosystémiques. C’est dire aussi leur importance économique.

E. T.-A. : Vous portez aussi d’ailleurs un message assez pragmatique sur l’écologie, où écologie et économie ne doivent pas être opposées…

M. F. : Oui, je suis persuadée que nous pouvons réinventer notre économie, nos technologies, nos sociétés afin de les rendre plus sobres en carbone, en adéquation avec la lutte contre le changement climatique et la préservation des océans. Aujourd’hui, plus que jamais, et en se contentant pour l’instant des seules ressources terrestres, l’humanité va devoir trouver des moyens pour assurer sa subsistance, se nourrir, se soigner… Ainsi qu’apporter du travail et contribuer au bien-être de milliards d’êtres humains dans un environnement de qualité. L’humanité va continuer à évoluer ; comme un arbre, elle va grandir, et que l’on veuille ou non, l’humanité va continuer à grossir.
Avec 7 milliards d’individus aujourd’hui, bientôt 9 à 10 milliards à l’horizon 2050… C’est pourquoi, il nous faut tout à la fois trouver des solutions et mieux gérer nos ressources.

E. T.-A. : C’est ça « l’écologie positive » et la « Blue Society» dont vous parlez ?

M. F. : Oui. Je crois vraiment que la mer va être à l’origine d’une nouvelle révolution industrielle et économique, mais aussi sociale et culturelle, comme Internet a permis de déclencher la révolution numérique d’aujourd’hui. Et nombreux sont ceux qui croient aujourd’hui comme moi à l’émergence d’une « Blue Society ».

E. T.-A. : Mais n’est-il pas déjà trop tard pour « passer à l’action » pour reprendre le sous-titre de l’un de vos livres ?

M. F. : Il n’est jamais trop tard ! Par principe, il est toujours temps d’agir. Chaque jour, la science évolue. Chaque jour, on se rend compte à quel point, il est fascinant d’apprendre des choses de la mer. Je crois beaucoup dans la science, à son apport, et dans ses capacités à donner du sens au progrès. Et il faut que l’humanité arrive à se projeter dans quelque chose de positif et de plus grand que nous. Pour cela, il nous faut nous rassembler, ne pas stigmatiser. Le temps est à l’action. Il est à comprendre comment il nous faut agir, comment chacun dans son domaine d’activité peut faire plus. Et ne pas reproduire en mer les erreurs du passé, celles qu’on a pu notamment commettre sur terre. Il n’est pas question en effet de piller les océans. Je crois vraiment pour l’avenir à la capacité des Hommes à travailler à une croissance intelligente, raisonnable, s’inspirant de la nature, des océans, à une économie circulaire, dans laquelle il n’y a pas de déchets, dans laquelle tout sert et ressert… Mais pour y arriver, il faut vraiment investir en temps, en énergie, et en argent aussi.

E. T.-A. : Et comment entrevoir le rôle de la France dans cette révolution ?

M. F. : Nous avons en France, un vivier, une richesse, un potentiel incroyable à valoriser. Grâce à ses 11 millions de kilomètres carrés de juridiction, la France est en effet la deuxième puissance maritime mondiale. Un atout qu’on a eu tendance à oublier avec le temps. Il faut qu’on fasse de cet atout quelque chose, à commencer par retrouver une forme de fierté maritime.
C’est une chance pour notre pays et notre économie. Il y a plein de métiers d’avenir à développer autour des océans, à valoriser… Et cela passera à la fois par le soutien aux industries actuelles, mais aussi aux filières émergentes des énergies renouvelables, des biotechnologies médicales, des microalgues, l’aquaculture, etc. Ce qu’il faudrait pour la France, c’est surtout une vraie vision et une vraie prise de position politique. Bref, il faut arriver à pousser nos dirigeants à avoir une vision de long terme, à dix ans, vingt ans, voire trente ans pour innerver la France… Et peut-être cela passera-t-il par un grand plan de soutien.

E. T.-A. : Et où en est-on aujourd’hui ?
Quels sont les obstacles qu’il va nous falloir surmonter ?

M. F. : On ne peut pas toujours se cacher derrière les autres. La vérité c’est que nous investissons 100 fois moins dans le maritime que dans le spatial. Nous avons donc besoin de réfléchir à comment avoir une politique maritime d’envergure, comment on peut investir dans ses filières. Il y a un réel besoin.

E. T.-A. : D’autant que les enjeux sont mondiaux ?

M. F. : Clairement. Mais ce ne doit pas être une excuse pour ne rien faire. Beaucoup de pays ont d’ailleurs compris l’importance des enjeux stratégiques et économiques liés aux océans. Je pense notamment à la Chine ou à la Russie qui ont des politiques maritimes très offensives. Avec ses nouvelles « routes de la soie », la Chine a par exemple étendu sa sphère d’influence à travers 96 ports à travers le monde. Et Xi Jinping, le président chinois, l’a bien compris quand il a dit que « celui qui dominera la mer, dominera le monde, et celui qui dominera les flux maritimes dominera les flux de l’économie mondiale ». Poutine en Russie est exactement sur la même ligne.

« La France est la deuxième puissance maritime mondiale.
Nous avons un vivier, une richesse, un potentiel incroyable à valoriser… »

E. T.-A. : Et, justement, Emmanuel Macron a annoncé, que l’exploration des fonds marins était une des priorités du Plan d’investissement France 2030, avec un budget de 2 milliards d’euros sur cinq ans pour ce domaine et le spatial. Une annonce qui va dans le bon sens selon vous ?

M. F. : C’est en effet l’une des avancées majeures de ces derniers mois. Le président de la République, Emmanuel Macron, a placé les océans dans le « top 10 » de ses priorités, et de celles de la France pour 2030. C’est nouveau, c’est tant mieux, et on ne peut que s’en féliciter. Jamais un chef d’État français n’avait en effet pris en compte les océans de cette façon-là. Un sujet qu’Emmanuel Macron devrait également porter ses prochains mois au niveau européen dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne.

E. T.-A. : Vous venez de participer au premier sommet mondial des océans, « The One Ocean Summit » qui a réuni du 9 au 11 février à Brest, scientifiques, acteurs économiques, collectivités territoriales et Nations unies. À quoi sert un tel événement? Qu’en retenez-vous ?

M. F. : J’ai eu l’honneur en effet de porter la thématique de l’éducation à la mer lors de ce grand sommet international. Pour l’occasion, nous avons rédigé un programme éducatif en partenariat avec l’Unesco et le ministère de l’Éducation nationale pour les différentes nations présentes. Et nous espérons bien qu’il sera désormais diffusé le plus largement possible.

Un sommet comme celui-ci est très important car, vous le rappeliez, les enjeux d’exploration, d’exploitation, les enjeux réglementaires, stratégiques… sont mondiaux. On est sur une même petite planète
finie, avec des ressources qui ne sont pas illimitées. Un tel sommet permet donc de mettre une volonté politique et de rassembler les dirigeants du monde entier. Et les sujets ne manquent pas : préservation des océans, avec les aires marines protégées, meilleure gestion des déchets plastiques, régulation, gouvernance, préservation des pôles, etc. Et c’est peu dire donc que ce sommet a suscité énormément d’attentes de la part du milieu maritime. Alors bien sûr, on ne va pas sauver l’intégralité du monde d’un coup, et régler tous les problèmes de la planète. Mais il s’agit là déjà d’une réelle avancée. Jamais, en effet, il n’y avait eu de sommet international comme celui-ci, uniquement centré sur les enjeux de l’avenir océanique. Donc, c’est, quoi qu’il advienne par la suite, déjà une réussite.
Une première pierre. On espère surtout, à terme, que les décisions prises au cours de ce sommet soient suivies d’effets.

E. T.-A. : L’éducation, c’est aussi l’un des grands volets de votre action… La jeune génération se montre-t-elle réceptive ?
Sont-ils conscients des enjeux ?

M. F. : Oui, je crois que les choses avancent dans le bon sens auprès de la jeune génération. Je le vois notamment à travers les différentes actions que nous menons avec la fondation que j’ai créée en 2008, la Maud Fontenoy Fondation.
Notamment celles que nous portons auprès des scolaires grâce au partenariat que nous avons signé avec le ministère de l’Éducation nationale. Ces dernières années, j’ai en effet vraiment vu évoluer et grandir la place offerte aux problématiques liées au « grand bleu ».

Plus personne ne m’interroge, par exemple, aujourd’hui en classe, sur l’origine du plastique qui se retrouve dans les estomacs des poissons ou des oiseaux marins. On ne me demande plus si les barrières de corail sont le berceau de la vie océanique. Ou encore si le plancton joue un rôle majeur dans la régulation du climat sur Terre. Au contraire, à chacune de mes visites auprès des scolaires, je suis noyée sous les questions pertinentes de cette « nouvelle génération », qui travaille tout au long de l’année avec leurs professeurs sur les questions d’acidification des océans, sur l’essor des énergies bleues, la richesse de la biodiversité marine, la désalinisation de l’eau, le biomimétisme, le transport maritime ou encore les médicaments qui viennent de la mer.

E. T.-A. : Enfin, ce qui caractérise aussi l’ensemble de vos actions, de vos prises de parole en faveur des océans, c’est une forme de volontarisme et d’optimisme. Vous semblez l’être plus que jamais, n’est-ce pas ?

M. F. : Oui. Je défendrai toujours une vision positive, optimiste, réaliste, pragmatique des questions environnementales, et de l’écologie. Pourquoi ? Parce que je pense que ce n’est que comme ça qu’on y arrive. Le discours alarmiste, culpabilisant, décroissant, voire cataclysmique, je pense qu’il paralyse, qu’il tétanise. Et, lorsqu’on est complètement tétanisé, eh bien, par principe on n’avance pas, on n’agit plus. On se dit que c’est perdu d’avance, que ce n’est pas la peine. Moi, je crois, au contraire, que l’Homme est capable de réaliser de très grandes choses, en tout cas des choses beaucoup plus grandes que lui avec de la volonté et de la persévérance. Vous savez, on ne part pas, comme je l’ai fait, traverser les océans à la rame, sans avoir une envie forte de croire en l’Homme avec un grand H, en l’humanité, et en ses capacités.

Quand on a vécu comme moi les quarantièmes rugissants, et les cinquantièmes hurlants, on apprend aussi à rester humble, et calme face aux situations, à essayer de découper les problèmes en petits morceaux pour voir comment on pourrait les résoudre de façon très pragmatique. Un peu à la manière d’un chef d’entreprise. Car, quand on est dépossédée de tout, sur une petite embarcation, même le plus grand des océans se traverse d’abord, petit bout par petit bout, coup de rame après coup de rame, mobilisation après mobilisation. C’est comme ça qu’on change les choses, et c’est comme ça qu’on avance.

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