Emmanuelle Cadiou s’engage dans son environnement local et elle le prouve quasiment chaque jour au travers d’actions : nettoyage de plage, collecte de sang, récolte de fonds pour l’hôpital de Brest et de Quimper ou sponsorings sportifs et culturels. « Chaque année, nous soutenons plusieurs dizaines de projets. Cela me permet en tant que dirigeante, de devenir plutôt promotrice de projets, d’aider les autres. En plus, cela fait rayonner ma société en même temps. » La contribution décisive des ETI dans les territoires, c’est exactement ce que pointait le cabinet d’audit KPMG, dans une étude parue fin 2025. Maison Cadiou, une entreprise familiale comme on les aime. Installée à Locronan, l’un des plus beaux villages de France, classé « Monument historique », dans le Finistère avec ses maisons en granit, elle est aujourd’hui leader en France des portails en aluminium. 1973 : Ronan Cadiou reprend l’entreprise de menuiserie bois de son père, avant de se diriger vers la menuiserie PVC pour bâtiments d’élevage. Mais le marché porcin battant de l’aile, il se diversifie sur les portails de jardin en PVC, puis les portails et clôtures en aluminium. « D’une petite entreprise artisanale du centre de Locronan, mes parents en ont fait une belle PME jusqu’en 2007. » C’est l’année durant laquelle Emmanuelle Cadiou succède à son père. Depuis, elle a conquis la Bretagne, la Normandie, et le reste du pays. « Des Vikings », s’amuse-t-elle.
Mettre l’accent sur le client et la logistique
Des portails, mais aussi des garde-corps avec la marque Majuskule, mariant design et technique. La recette pour devenir en cinquante ans le numéro 1 ? « Le service client avant tout. On va tout le temps en visites clients. On est vraiment en relation avec eux. Plus on règle leurs problèmes, plus ça rend la vie plus simple, et globalement, le chiffre d’affaires augmente », insiste la dirigeante. Il est aujourd’hui de 110 millions. La relation client, mais pas que. Sous son impulsion, Emmanuelle Cadiou a aussi mis l’accent sur la supply-chain. Important quand on se situe au bout du Finistère, explique celle qui de son bureau voit les vagues qui se déchaînent. « On a aujourd’hui quatre plateformes logistiques en France, on a 40 camions et donc 40 chauffeurs, on livre tout en propre et on a 30 commerciaux. » C’est sa touche à elle, comme chaque génération a apporté la sienne. « Je fais du lean manufacturing, et de la logistique des flux. La prochaine génération, ce sera peut-être l’export parce que ce sont des jeunes qui ont été élevés à l’étranger, qui parlent plusieurs langues, qui ont envie de développer l’entreprise à l’export. » Cette génération, elle est prête, d’autant que celle qui n’a pas encore 50 ans prépare activement sa succession. Mais pas pour tout de suite. Il y a Corentin, 25 ans, qui s’occupe du nord de l’Espagne, de l’Angleterre et de l’Irlande, Mathis, 23 ans, en master de logistique à l’Edhec, et Bérénice, 19 ans, étudiante à Skema Lille. L’aventure familiale peut donc se poursuivre sereinement.
Un centre de formation interne
Chez Maison Cadiou, la fabrication en France se fait à la main. « Nos menuisiers sont fiers de faire un produit de A à Z. On est dans l’aménagement d’espaces de vie extérieurs, des jardins des particuliers, et ça permet d’attirer plus de talents. » À cette fin, la cheffe d’entreprise a créé L’atelier école de Cadiou Industrie. Une formation de 105 heures pour acquérir ce métier de menuisier aluminium. Mais aussi les valeurs de l’ETI familiale dont celle de l’engagement. « Quand on est engagé, on est à l’heure, on respecte ses collègues, on pose des questions, on est agile, on s’adapte. » Autre valeur : l’épanouissement. « Nos plus de 700 collaborateurs doivent se sentir épanouis pour revenir, baisser le taux d’absentéisme et celui des accidents de travail. » Emmanuelle Cadiou est encore bien là, à la barre, et ses projets ne manquent pas. Elle vient d’achever la Convention des entreprises pour le climat (CEC) pour transformer son modèle d’affaires. La maison Cadiou met aussi le cap sur l’intelligence artificielle pour continuer d’améliorer le service client. « Tous les mails, tous les chats, tous les appels seront synthétisés afin de disposer d’un maximum d’informations au cœur de la fiche client, de vérifier la justesse des enregistrements des commandes à l’entrée, d’éviter les erreurs. » Bref, l’entreprise de Locronan est repartie pour cinquante ans.
« D’une petite entreprise artisanale du centre de Locronan, mes parents en ont fait une belle PME jusqu’en 2007. »
